Revolut : tout savoir en cas de faillite de la banque en ligne

Revolut est une banque en ligne britannique lancée en 2015. Elle s’est fait connaître grâce à ses frais réduits sur les opérations de change et s’est transformée en une application financière globale. Elle compte aujourd’hui des dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde, dont sept millions en France.
Un compte Revolut permet aujourd’hui d’avoir un IBAN (RIB) français pour facilement recevoir son salaire dessus et mettre en place des prélèvements automatiques. Le taux de change reste très compétitif pour les achats à l’étranger (très pratique pour des vacances hors zone euro). La carte bancaire est gratuite et sans contrainte de l’utiliser une fois par moi (exemple BoursoBank). La génération de cartes virtuelles / éphémères est rapide et sans frais. Revolut est même devenu opérateur mobile eSIM.
Mais tout n’est peut-être pas rose derrière ces apparences de facilité et de coût minimal pour le client. Il faut donc s’informer avant de souscrire ou d’épargner tout son argent sur un compte Revolut.
Une structure juridique pas française
Bien que les clients français disposent d’un IBAN commençant par FR, Revolut France n’est juridiquement qu’une succursale de Revolut Bank UAB, une banque basée en Lituanie.
Régulation limitée : l’ACPR (l’autorité de contrôle française) n’a qu’un pouvoir de vitrine (conduite commerciale, règles anti-blanchiment). Le contrôle des fonds propres et l’agrément dépendent de Vilnius et de la Banque centrale européenne. En cas de litige, les procédures et les médiateurs à saisir peuvent s’avérer complexes.
Grâce au mécanisme européen du passeport financier, cette licence lituanienne permet à Revolut de proposer ses services bancaires légalement dans toute l’Union européenne, y compris en France. En tant que véritable banque européenne, Revolut est soumise à la directive européenne relative aux systèmes de garantie des dépôts : l’argent déposé sur les comptes courants et les comptes d’épargne est couvert jusqu’à un montant maximal de 100 000 € par personne (concerne l’argent sur le compte courant et les coffres d’épargne).
Des garanties financières limitées en cas de crise
Le fonds de garantie des dépôts : en France, le FGDR dispose de 9,2 milliards d’euros. En Lituanie, le fonds IID ne possède que 371 millions d’euros pour assurer les clients.
Le risque systémique : Revolut représente à elle seule plus de la moitié des dépôts assurés en Lituanie (31 milliards d’euros sur 38,5 milliards). Le fonds lituanien ne serait pas capable gérer la faillite d’un acteur financier de cette taille. Mais si Revolut ou son fonds national de garantie faisaient face à un risque systémique majeur (un défaut de paiement global), c’est la BCE et les mécanismes de solidarité de l’Union européenne qui interviendraient. Aucun pays de la zone euro n’est laissé seul face à la faillite d’un géant financier paneuropéen, car cela menacerait la stabilité de toute la monnaie unique
Le courtage d’actions : les investissements via Revolut Securities sont gérés par une entité lituanienne liée à une société américaine (DriveWells). Les actions sont enregistrées à New York au nom de Revolut et la garantie investisseur est plafonnée à 22 000 € contre 70 000 € en France. De plus, les actions fractionnées ne sont pas transférables.
Blocage de comptes et sanctions internationales
Blocages de comptes unilatéraux : Revolut a été condamnée à une amende de 11,2 millions d’euros en Italie par l’AGCM, notamment pour des blocages agressifs et sans préavis de comptes de clients. Des gels massifs et automatisés ont également touché des milliers de résidents russes en Europe fin 2025.
Sur une période de 18 mois, l’entreprise a écopé de sanctions dans différents pays pour des défaillances liées au contrôle interne et à la lutte anti-blanchiment.
Une culture d’entreprise axée sur la croissance
Le dirigeant de Revolut, Nikolai Storonski, détient 29 % du capital. Il s’est installé à Dubaï pour des raisons fiscales et bénéficie d’un plan d’actionnariat qui l’incite massivement à privilégier la croissance de l’entreprise avant tout le reste.
Les enquêtes et témoignages d’anciens salariés décrivent un taux de rotation du personnel très élevé (80 % en moins d’un an selon Wired) et un système où la conformité réglementaire passe après les objectifs de croissance.
Revolut, en conclusion
En résumé : l’utilisation au quotidien de Revolut pour gérer les dépenses courantes n’est pas un problème mais cela peut poser des questions si l’on souhaite confier son épargne et surtout ses investissements (bourse, cryptomonnaie…) à la banque en ligne lituanienne.
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