Une information qui a eu l’effet d’une bombe dans le monde Microsoft. L’équivalent allemand de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a rendu un jugement qui interdit désormais l’utilisation de Windows 10 et de la suite bureautique Office 365 dans les écoles d’Allemagne. La raison invoquée est simple : ces logiciels enfreignent le RGPD, règlement européen sur la protection des données.

C’est la Commission de Hesse pour la protection des données et la liberté d’information (DHBDI, pour Der Hessische Beauftragte für Datenschutz und Informationsfreiheit) qui a épinglé Microsoft pour intrusion aux données privées des étudiants et enseignants. Elle estime que les données stockées dans le cloud Office 365 peuvent être accessibles depuis les Etats-Unis d’Amérique. Aussi, elle épingle le système d’exploitation Windows 10 d’envoyer beaucoup trop d’informations de télémétrie vers les serveurs de Microsoft, sans laisser un contrôle total à l’utilisateur de pouvoir gérer la quantité et le type d’informations qu’il transmet.

La DHBDI propose d’utiliser une autre version de Windows (pas en 8 / 8.1 qui sont trop bavards et le support de Windows 7 se termine en janvier 2020…) et un pack Office local, pas celui lié à un abonnement en ligne, et donc d’éviter OneDrive, le cloud par Microsoft. Ou de changer drastiquement de logiciels en se tournant vers Linux et une suite bureautique comme LibreOffice.

Et puisque Microsoft pousse son cloud dans les futures versions de Windows 10 et l’impose presque dans Office 365, la commission allemande ne compte pas revenir sur sa décision.

Et dans le reste de l’Europe ?

Le RGPD (ou GDPR en anglais) étant un règlement de l’Union européenne, d’autres pays pourraient suivre l’exemple allemand et bannir les solutions récentes Microsoft des écoles et des administrations.

Qu’en est-il de Google et Apple ?

Si pour l’instant ce jugement concerne uniquement Microsoft, les autres géants américains que sont Google et Apple peuvent aussi se retrouver dans le giron de la commission qui précise que si ces entreprises ne respectent pas le RGPD, la sanction pourrait être la même. Si Google est régulièrement pointé du doigt pour la mauvaise protection de la vie privée, Apple n’est pas épargné par ce problème. Et pour cause, la société de Cupertino n’est pas assez transparente sur l’utilisation des données qui proviennent d’un iPhone ou d’un iPad.