Internet Explorer 6. IE6. Le bon vieux navigateur apparu avec Windows XP fait de la résistance, même en 2013. Mais pourquoi nos sites web sont-ils encore visités par cet ancêtre ?

IE6 était le premier navigateur internet que les administrateurs pouvaient gérer avec des GPO, ces stratégies de sécurité appliquées par le serveur sur les postes des utilisateurs. Une aubaine pour les équipes informatiques qui peuvent régler les options, la page de démarrage et les favoris de milliers d’ordinateurs en quelques clics.

Et à l’époque, quels étaient les concurrents crédibles à Internet Explorer 6 ? Netscape, Opera ? Sans compter que le navigateur Microsoft était en position de monopole absolu dans la navigation sur internet.

IE6 est apparu avec Windows XP, en 2001. Les applications web étaient très basiques et il fallait généralement développer un ActiveX et/ou des applets Java pour faire tourner son application métier ou son intranet. Si aujourd’hui nous avons d’autres méthodes, garder IE6 est donc aussi une histoire de coût de développement car refaire tous ces composants prend du temps, donc coûte de l’argent.

Sans compter que ces mêmes applications ont été développées en fonction d’un navigateur bien précis et passer de IE6 à IE8 ou supérieur induirait aussi des coûts de développement.

On ne peut pas migrer de IE6 à IE9 ou IE10 car IE6 = XP qui supporte maximum IE8. Donc les parcs informatiques qui tournent en Vista ou Seven n’ont plus ce problème mais les postes XP auront toujours un train de retard.

Plus récemment, Microsoft donna encore raison à ces réfractaires au changement car IE10 est sorti fin 2012 et nous aurons bientôt droit à IE11 avec la sortie de Windows 8.1. Un cycle de vie bien trop court pour les départements informatiques des grandes entreprises.

Développer une application web qui respecte les standards est plus contraignant et difficile mais c’est aussi l’assurance de surfer dans le futur.

Pourquoi est-ce si compliqué d’évoluer ?

Certains DSI grands comptes préfèreront conserver leur choix ancestral. Il faut dire que les grosses entreprises et administrations qui comptent des centaines de serveurs et des dizaines de milliers de postes n’ont pas le même point de vue que le développeur web qui souhaite toujours le meilleur et la nouveauté. Gérer des dizaines d’applications métier demande une organisation fonctionnelle et technique différente et sur le long terme. Choisir un navigateur nécessite de refaire ou vérifier tous les logiciels qui peuvent utiliser IE6 puis de le re-déployer à chaque mise à jour, bien que ce soit un moindre problème avec WSUS.

Le problème est le même avec d’autres composants qui aiment être régulièrement mis à jour : Adobe Reader, Flash Player, Java runtime (JRE), etc. Là aussi, des versions sont sélectionnées, testées et recettées avant d’être déployées puis figées dans le temps.

L’argument de la sécurité est bien faible face au coût de mise en oeuvre d’une nouvelle version d’un logiciel. Sans compter que cette mise à jour peut aussi apporter son lot de failles de sécurités. Résultat, on refait sans cesse les mêmes opérations qui coûtent bien cher à l’entreprise.

Gérer un parc de 100 000 ordinateurs n’est évidemment pas le même métier que d’être le responsable informatique d’une PME de 200 machines. L’impact et le coût n’ont rien à voir, les méthodes sont différentes et un changement de version peut se chiffrer en milliers, voire millions d’euros.

Alors quand sera la fin de Internet Explorer 6 ?

On l’a dit, IE6 est lié à Windows XP. Le support de cet OS prendra fin en avril 2014, si ce ne sera pas (encore) repoussé d’ici là.

Normalement, les entreprises gèrent leur parc informatique sur un certain nombre d’années, sur 3 ou 5 ans par exemple, selon la durée d’amortissement comptable. Windows XP n’est plus commercialisé depuis (théoriquement) plusieurs années mais concrètement que depuis peu de temps. Et ça ne signifie pas que les nouveaux ordinateurs ne sont pas capables de faire tourner ce système.

Il y aura bien un jour où les ordinateurs, surtout les PC portables, ne pourront plus faire tourner Windows XP mais en attendant on voit encore des laptops Intel Core i3 avec 4Go de RAM vendus avec Windows 7 ou 8 mais réinstallés en Windows XP par le service informatique des grandes entreprises, même si l’OS ne saura jamais tirer profit des performances d’un tel matériel.

Et ce n’est pas une question de licence car on paie le fait d’utiliser un système d’exploitation Microsoft, peu importe sa version (sur base d’une édition Professionnel bien sûr).

En attendant, quelle alternative ?

Si Internet Explorer 6 est encore et toujours imposé par la direction pour les applications critiques, on peut très bien faire cohabiter plusieurs navigateurs sur la même machine et donc avoir un Firefox ou un Chrome pour le surf classique, avec quelques sécurités de base.

C’est là que Firefox prend un avantage avec ses versions ESR, pour Extended Support Release. Pour répondre aux professionnels qui ne souhaitent pas la mise à jour automatique du navigateur et maintenir une version connue, Mozilla supporte ses éditions ESR durant un an avant de conseiller la mise à jour. Découvrir ici.

Google Chrome propose aussi un navigateur orienté entreprise : un package MSI et des règles de configuration par périphérique ou par utilisateur. A lire ici et .